Détox ou rééquilibrage alimentaire? Ce que dit vraiment la science.

À chaque changement de saison ou après des périodes d’excès, la tentation est grande de se lancer dans une « détox ». Entre cures de jus, jeûnes stricts et compléments miracles, difficile de s’y retrouver. Si beaucoup de professionnels de santé dénoncent le mythe de la détox, certaines pratiques issues de la naturopathie ou de la phytothérapie trouvent pourtant des échos scientifiques… à condition de parler plutôt de soutien digestif et de rééquilibrage alimentaire. Faisons le point.

Détox : mythe marketing ou besoin réel ?

Scientifiquement, notre corps sait éliminer les déchets via le foie, les reins, les poumons et le système digestif. Pas besoin de le « purger ». Cependant, une alimentation trop riche en sucres, graisses saturées et produits ultra-transformés peut engendrer une surcharge métabolique et digestive, augmentant l’inflammation et la fatigue.

Ici, l’idée n’est donc pas de « purger » le corps, mais de l’accompagner avec douceur pour retrouver un équilibre, surtout après des excès prolongés.

Ce que la science valide : le soutien des organes émonctoire

Certaines plantes traditionnellement utilisées en naturopathie et en médecine chinoise ont démontré des effets :

  • Chardon-Marie : protège les cellules hépatiques et soutient leur régénération (Flora K et al., 1998).
  • Artichaut : stimule la bile et facilite la digestion des graisses (Bundy R et al., 2004).
  • Radis noir, romarin, boldo : soutiennent la fonction biliaire et réduisent les inconforts digestifs (EMA).

En parallèle, alléger son alimentation permet de réduire la charge métabolique:

  • Plus de fibres et d’antioxydants.
  • Moins de sucres rapides et d’aliments transformés.
  • Une bonne hydratation.

Alléger sans fatiguer le corpS

Attention à ne pas passer d’une alimentation riche à un jeûne strict du jour au lendemain. Cela peut fatiguer l’organisme, surtout en cas de carences ou de stress. Des approches plus douces comme :

  • des repas plus légers,
  • des monodiètes ponctuelles (sous encadrement),
  • ou du jeûne intermittent

peuvent apporter des bénéfices sur la régulation métabolique, l’inflammation et l’énergie (Longo VD, Panda S, 2016).

et les polluants dans tout ça ?

Aujourd’hui, la notion de « détox » prend aussi du sens face à l’exposition croissante aux polluants environnementaux, aux perturbateurs endocriniens et aux résidus médicamenteux. Le foie et les reins, véritables filtres de l’organisme, travaillent sans relâche pour éliminer ces substances. Certaines études soutiennent que des plantes comme le chardon-marie, l’artichaut ou le romarin peuvent soutenir l’activité hépatique face à cette surcharge environnementale (Awad et al., 2012; Guldiken et al., 2018).
Bien sûr, il ne s’agit pas d’une « purge miracle », mais plutôt d’un soutien doux et intelligent, combiné à une alimentation riche en antioxydants et en fibres, qui aide le corps à mieux gérer ces apports indésirables.

et si on remplaçait la « détox » par le rééquilibrage ?

La meilleure « détox », c’est surtout :

  • D’adopter une alimentation anti-inflammatoire.
  • De soutenir la digestion par des plantes reconnues.
  • De bouger régulièrement et de bien dormir.

Moins de privation, plus de bienveillance envers son corps… et beaucoup plus de résultats sur le long terme.

madérothérapie et réflexologie, un soutien complémentaire ?

Au-delà de l’alimentation et des plantes, certaines pratiques manuelles comme la madérothérapie et la réflexologie plantaire sont souvent proposées en naturopathie pour accompagner le travail des émonctoires.

  • La madérothérapie utilise des instruments en bois pour stimuler la circulation sanguine et lymphatique. En favorisant le drainage des liquides et en relançant la microcirculation, elle participe au soulagement des tissus engorgés (rétention d’eau, sensation de lourdeur), ce qui peut être intéressant en période de surcharge métabolique.
  • La réflexologie plantaire cible quant à elle les zones réflexes correspondant aux organes d’élimination (foie, reins, intestins, peau). Elle agit à la fois pour stimuler ces fonctions et pour apporter une détente profonde, bénéfique à l’ensemble du système digestif et nerveux.

Et scientifiquement ?
Si peu d’études évaluent directement ces techniques dans le cadre d’une « détox », des recherches montrent néanmoins :

  • Un soutien à la circulation lymphatique (Olszewska et al., 2020).
  • Des effets positifs sur la relaxation et la modulation du système digestif via la réflexologie (McCullough et al., 2014).

Ces approches restent donc des alliées intéressantes pour accompagner l’organisme, notamment en favorisant un mieux-être global, sans pour autant prétendre « nettoyer » le corps à elles seules.

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